La France a exporté neuf fois plus d'électricité qu'elle n'en a importé en 2025
103,6 térawattheures exportés contre 11,3 importés : la CRE publie son bilan 2025 des interconnexions. Un solde largement excédentaire qui n'allège pourtant pas votre facture, et voici pourquoi.
Publié 7 août 2026 Lecture 4 min
En 2025, la France a exporté 103,6 térawattheures d'électricité et n'en a importé que 11,3. Neuf fois plus sortant qu'entrant. Et pourtant, le tarif réglementé a augmenté le 1er août 2026. Ces deux faits ne se contredisent pas — ils s'expliquent.
Le bilan que la CRE vient de publier
La Commission de régulation de l'énergie a publié le 3 août 2026 son bilan de l'année 2025 sur la mise en œuvre du seuil minimal de 70 % des capacités d'interconnexion.
Les volumes d'échanges de l'année 2025 :
| Volume | |
|---|---|
| Exports | 103,6 TWh |
| Imports | 11,3 TWh |
Pour donner une idée de l'ordre de grandeur : la consommation annuelle d'un foyer moyen retenue par la CRE dans ses calculs tarifaires est de 4,5 mégawattheures.
Ce qu'est cette règle des 70 %
Depuis 2020, à la suite de l'adoption du Clean Energy Package, les gestionnaires de réseau européens ont l'obligation de mettre au moins 70 % des capacités d'interconnexion à disposition des échanges transfrontaliers.
L'idée est simple : une ligne qui relie deux pays ne sert à rien si son opérateur en réserve l'essentiel pour ses propres besoins. Le seuil oblige à ouvrir la capacité au marché européen.
Le bilan 2025 : « RTE a été en mesure de garantir le seuil minimal de 70 % dans 85 % des pas de temps en moyenne sur les frontières évaluées. »
Autrement dit, l'obligation est tenue cinq fois sur six. Dans les cas restants, la CRE note que « les capacités mises à disposition du marché par RTE aux frontières françaises demeurent élevées », sans les chiffrer.
Pourquoi exporter n'abaisse pas votre facture
C'est la question que pose naturellement ce bilan, et la réponse tient en trois points.
Le tarif réglementé ne suit pas le solde des échanges. Il est construit à partir des coûts d'approvisionnement, des tarifs de réseau et des taxes. Exporter beaucoup signifie que la production française est compétitive à un instant donné — pas que le coût de fourniture d'un foyer français a baissé.
La hausse du 1er août ne vient pas de l'énergie. En lisant la proposition de la CRE du 16 juillet 2026, on constate que les causes citées sont l'augmentation des tarifs de réseau, la hausse du mécanisme de capacité, et une baisse d'accise qui amortit partiellement. Le coût d'achat de l'électricité n'y figure pas.
Le réseau se paie même quand on exporte. Les lignes qui permettent d'exporter sont les mêmes que celles qui acheminent l'électricité jusqu'à vous. Leur entretien et leur modernisation sont financés par le tarif d'utilisation des réseaux, que tout abonné acquitte.
Ce que ce bilan dit vraiment
Le système électrique français reste largement excédentaire. Un rapport de neuf à un entre exports et imports n'est pas un ajustement marginal.
L'ouverture des interconnexions est un engagement européen, pas un choix commercial. Les 70 % sont une obligation ; le bilan mesure le respect d'une règle, pas une performance commerciale.
Le taux de 85 % laisse une marge. Un pas de temps sur six où le seuil n'est pas garanti, c'est peu à l'échelle d'une année, mais ce sont souvent les heures les plus tendues — celles où l'interconnexion compte le plus.
Ce qu'il faut en retenir pour votre facture
Rien de direct. Et c'est précisément l'information utile : le solde exportateur de la France n'est pas un levier sur votre facture, contrairement à une intuition répandue.
Ce qui agit sur votre facture, ce sont les tarifs de réseau, le mécanisme de capacité et la fiscalité. Les trois ont bougé cette année, et c'est ce qui explique la hausse du 1er août.
Sources
- Commission de régulation de l'énergie, bilan de l'année 2025 de la mise en œuvre du seuil minimal de 70 % des capacités d'interconnexion pour les échanges d'électricité aux frontières françaises, 3 août 2026. Consultée le 7 août 2026.
- Commission de régulation de l'énergie, proposition d'évolution des tarifs réglementés de vente de l'électricité au 1er août 2026, 16 juillet 2026. Consultée le 7 août 2026.
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