Isolation des murs : six mois après son retrait de MaPrimeRénov', où en est-on ?
Le poste le plus coûteux de la rénovation n'est plus finançable seul depuis janvier. Ce qu'il reste, ce que cela implique, et pourquoi la logique n'est pas absurde.
Publié 30 juil. 2026 Vérifié 30 juil. 2026 Prochaine révision 3 déc. 2026 Lecture 7 min
Depuis le 1er janvier 2026, l'isolation des murs — par l'intérieur comme par l'extérieur — ne figure plus parmi les travaux finançables en geste unique par MaPrimeRénov'. Le décret n° 2025-956 du 8 septembre 2025 l'a retirée du parcours « par geste », en même temps que les chaudières biomasse.
Ce qui reste possible
L'isolation des murs demeure finançable, mais uniquement dans le cadre d'une rénovation d'ampleur — c'est-à-dire un bouquet de travaux visant un gain de plusieurs classes au DPE, avec accompagnement obligatoire.
Elle reste par ailleurs éligible aux certificats d'économies d'énergie, dont l'obligation a augmenté de 27 % pour la période 2026-2030. Le financement ne disparaît donc pas : il change de guichet, et de logique.
Pourquoi ce n'est pas absurde
Il est tentant de lire ce retrait comme un simple recul budgétaire. La logique technique tient pourtant.
Isoler des murs sans traiter la ventilation expose à des désordres d'humidité. Isoler par l'extérieur sans reprendre les menuiseries laisse des ponts thermiques qui annulent une partie du gain. L'isolation des murs est précisément le geste qui supporte le plus mal d'être fait seul.
En le réservant à la rénovation d'ampleur, l'État force le raisonnement global. Le reproche qu'on peut lui faire n'est pas la logique, c'est la brutalité du calendrier — et l'absence de dispositif transitoire pour les projets déjà engagés.
Ce que cela coûte au ménage
Une rénovation d'ampleur suppose un reste à charge plus élevé en valeur absolue, même avec un taux d'aide supérieur, et un délai d'instruction que l'Anah annonce à plus de six mois. Pour un propriétaire qui voulait isoler un pignon avant l'hiver, l'accès à l'aide n'est pas seulement plus difficile : il est plus lent.
À surveiller. Un projet de décret retirerait au 1er septembre 2026 six gestes supplémentaires du parcours unique, dont l'isolation des combles et les fenêtres. Le Conseil national de l'habitat a rendu un avis défavorable le 2 juillet. Le texte n'était pas paru au Journal officiel à la date de publication de cet article.
Auteur
Journaliste rédacteur au Fil Énergie. Suit les évolutions réglementaires du logement : diagnostic de performance énergétique, obligations de location et dispositifs d'aide à la rénovation.