Photovoltaïque : depuis le 5 juin, le calcul de rentabilité a changé de sens
L'arrêté tarifaire S21 a supprimé la prime à l'autoconsommation pour les installations de 100 kWc ou moins. Le raisonnement ne se fait plus sur la revente du surplus, mais sur ce que l'on consomme soi-même.
Publié 29 juil. 2026 Vérifié 29 juil. 2026 Prochaine révision 31 janv. 2027 Lecture 8 min
Jusqu'au 4 juin 2026, une installation photovoltaïque résidentielle bénéficiait d'une prime à l'autoconsommation et d'un tarif de rachat du surplus qui rendaient la revente déterminante dans le calcul. Depuis le 5 juin, l'arrêté tarifaire S21 a supprimé cette prime pour toute installation de 100 kWc ou moins.
Les deux chiffres qui décident de tout
Le tarif de rachat du surplus s'établit désormais autour de 1,1 centime d'euro par kilowattheure hors taxes. Dans le même temps, l'électricité achetée au réseau reste autour de 21 centimes.
Le rapport est de près de 1 à 20. Un kilowattheure consommé sur place vaut donc vingt fois ce que vaut le même kilowattheure revendu. Toute la logique de dimensionnement s'en trouve inversée.
Ce que cela implique pour le dimensionnement
Surdimensionner une installation pour revendre le surplus n'a plus de sens économique. Le bon calibrage devient celui qui maximise la part réellement autoconsommée, laquelle se situe généralement entre 50 et 80 % des besoins annuels selon le profil de consommation et l'orientation de la toiture.
Autrement dit : une installation plus petite, mieux ajustée aux heures de consommation, est aujourd'hui préférable à une installation plus grande calibrée sur la revente.
Ce qui reste soutenu
MaPrimeRénov' ne finance pas le photovoltaïque en tant que tel. Le dispositif soutient le solaire thermique — chauffe-eau solaire, système solaire combiné —, les panneaux hybrides photovoltaïques-thermiques et les pompes à chaleur solarothermiques.
Ordres de grandeur des installations
Une installation de 3 kWc se situe autour de 6 000 à 8 000 euros TTC pose comprise. Une installation de 6 kWc peut atteindre 12 000 euros. Ces montants incluent équipements, main-d'œuvre et raccordement.
Attention à la documentation en ligne : la quasi-totalité des simulateurs et guides publiés avant juin 2026 raisonnent encore sur l'ancien barème. Leurs conclusions de rentabilité ne sont plus valides.
Auteur
Journaliste rédactrice au Fil Énergie. Suit les équipements du logement : pompes à chaleur, chauffage au bois, photovoltaïque et autoconsommation.